En mai dernier à Maribor ou Chronique d’une réunion du Permanent UNIMARC Committee

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« C’est un Américain, une Russe et une Portugaise, autour d’une table… »

9 mai 2019, 9h, Maribor (Slovénie), « aquarium » de l’IZUM. La 29e réunion du Permanent UNIMARC Committee va bientôt commencer. Un peu tardive cette année (elle se tient habituellement en mars), cette réunion de travail profite de l’hospitalité de l’IZUM, linstitution où travaille la présidente slovène du Comité, un organisme d’enseignement supérieur dont certaines missions sont proches de celles de l’ABES (voir la présentation aux journées ABES 2010), après avoir longtemps été accueillie par la bibliothèque nationale du Portugal et parfois délocalisée pour être adossée à une journée d’étude autour d’Unimarc (à Florence en 2008, Lyon en 2010, Maribor déjà en 2014).

Bâtiment IZUM à Maribor

Le siège de l’IZUM (surnommé « aquarium » car la destination première du bâtiment était d’héberger une structure pour « gros poissons » de l’ex-Yougoslavie).

 

Au risque peut-être de décevoir les fans d’Unimarc, il faut avouer qu’au « saint des saints » où se décide son avenir, l’ambiance est plus studieuse que grandiose ou solennelle : 8 personnes autour d’une table et d’un écran, à savoir une Iranienne, une Russe, un Italien, une Française, une Portugaise, un Américain (représentant d’OCLC) et deux Slovènes, la présidente du PUC et une de ses collègues qui assure le secrétariat et prépare l’édition des formats Unimarc. Hélas les représentants de la Grèce et de la Lituanie n’ont, une nouvelle fois, pas pu faire le déplacement. Chaque année, une autre réunion d’une demi-journée se tient en août à l’occasion du congrès de l’IFLA : les membres permanents y sont souvent encore moins nombreux, en revanche des membres correspondants, comme l’ISSN, peuvent être présents.

Le programme de travail est chargé : outre l’examen de 19 propositions d’évolution et de la dernière version des Guidelines pour le traitement des archives, il faudra régler diverses questions pour organiser le travail futur, notamment en ce qui concerne l’édition à venir du format bibliographique.extrait de l'ordre du jour de la réunion

 

[ndlr : le compte-rendu officiel du travail réalisé lors de cette réunion est accessible sur le site Transition bibliographique.]

Tous unis pour Unimarc

Après l’accueil du directeur et l’approbation du compte-rendu de la réunion d’août 2018, c’est l’entrée dans le vif du sujet avec les propositions 2019/1 et 2019/2, autrement dit B214 vs. B210 revisité : le match ! La présidente oriente le ton du débat : il ne s’agit pas de jouer les pour contre les contre et décompter des points à la fin, mais de choisir, ensemble, le meilleur pour Unimarc. C’est un succès, le désaccord sur le fond est réel mais la discussion fait avancer les choses.

Le fait de devoir s’exprimer en anglais y aide : ce n’est la langue maternelle de presque personne, chacun cherche ses mots pour exprimer au mieux sa pensée… d’où une certaine lenteur de la réunion : sur un sujet aussi complexe qu’Unimarc, avant même d’en arriver aux mots, la pensée peut être longue à élaborer. Il faut parfois chercher un détail ou une formulation dans la dernière version des formats, vérifier ses souvenirs du modèle LRM, chercher la manière la plus cohérente de modéliser l’information, tout en pensant aux implications concrètes sur les programmes qui devront implémenter les zones… sans oublier que le travail porte bien sur le format d’échange international, qui diffère de l’application qui en est faite dans chaque pays ! Avoir participé à la traduction française et à ses choix aide à se repérer mais n’empêche pas d’oublier certaines particularités non implémentées en France (par exemple le fait que la zone B856 est désormais utilisable, comme en MARC21, pour donner l’URL de la table des matières d’une ressource non électronique).

11 h : ouf, après deux ans de bataille, la B214 est enfin validée ! Merci à tous les collègues du Comité français UNIMARC qui ont peaufiné la rédaction de la proposition, qui a fini par emporter l’adhésion d’une majorité. Au-delà de cette zone, c’est une validation du principe même que la nouvelle structuration de l’information bibliographique justifie la création de nouvelles zones : même si l’information convoyée est de même nature, il ne s’agit pas de la tordre pour l’entrer dans les zones existantes éventuellement aménagées à cet effet.

Quelque chose d’une course de fond

L’après-midi, nouvelle bonne nouvelle pour nos propositions : le fond de la proposition sur l’utilisation des autorités de type genre / forme (A280) en indexation matière en zone B606 ne fait absolument pas l’objet de discussions. En revanche les remarques sur la forme ne manquent pas ; il faut y répondre, notamment trouver un exemple simple qui montre que la difficulté ne vient pas de l’utilisation, en France, d’un langage précoordonné, mais bien de la notion même de genre/forme, qui peut s’appliquer en l’absence d’accès sujet. Il faut surtout prendre des notes pour rédiger une version amendée de la proposition.

D’autres propositions françaises ne passent pas, ou pas encore : ainsi, pour les zones du format des notices d’autorité qui permettraient d’exporter en Unimarc les zones Intermarc A 630, 631 et 632, le PUC demande de combiner ces notes en une seule zone qui serait un peu aux œuvres ce que A340 est aux personnes. Ce n’est pas une mauvaise idée, mais en attendant la révision de notre copie le détail n’est pas étudié !

Le lendemain, la productivité baisse : plusieurs décisions sont repoussées, non en raison de l’excellent dîner la veille dans une auberge – musée agricole, mais du fait de la complexité des sujets abordés : les conséquences de certains choix peuvent être importantes sur la structure des formats, or la discussion ne prend pas d’orientation nette et une réflexion approfondie s’impose. Que celui ou celle qui peut définir – en anglais bien sûr – les sous-zones de contrôle en un quart d’heure jette la première pierre !

image de "charlotta" (dessert)

Un dessert phare de la Styrie slovène, la « charlotta » (hélas, il est difficile d’avoir encore faim pour les desserts tellement les plats sont bons et copieux…) .
Voir : http://www.siker.si/en/sarlota-charlotte-royal-cake/#

Cela n’empêche pas cette journée de travail de se terminer sur une nouvelle escapade gastronomique, avant que chacun retourne dans son pays, avec sous le bras son dossier de travail à faire à la maison, dans son institution ou avec son comité national.

Agnès Manneheut,
SCD de l’université de Nantes,
membre du Comité français UNIMARC

 

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