PUC, Day 1 (8 septembre 2020)

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Les échanges qui se sont déroulés sur 5 jours seront évoqués dans 2 billets distincts.
1. « PUC , Day 1 » (ce billet)
2. « PUC, Day 2-5» (à venir)

Initialement programmée en mars 2020, la réunion annuelle du Permanent UNIMARC Committee, organe international rattaché à l’IFLA qui maintient et fait évoluer le format d’échange UNIMARC, s’est tenue début septembre par visioconférence, en raison de la situation sanitaire. Pour permettre aux participants, dispersés de l’Iran au centre des États-Unis, de suivre les sessions pendant leurs heures de travail, les réunions ont été organisées sur 5 jours, deux à trois heures par jour, à midi en temps universel (14h en France).

PUC à la maison
Le PUC à la maison, avec la fidèle compagnie des gros livres rouges…

La France sur le pont

Comme chaque année, le Comité français UNIMARC était représenté par l’Abes. Les sessions se sont ouvertes par une discussion méthodologique générale sur l’adaptation du format UNIMARC au nouveau modèle LRM. L’analyse de la compatibilité du format UNIMARC avec ce modèle, autre standard de l’IFLA, constitue en effet l’un des deux axes de travail 2019-2021 définis par la présidente du PUC, Gordana Mazić (IZUM, Slovénie), en plus de l’examen annuel des propositions d’évolution du format préparées et transmises par les différents membres. Le deuxième axe de travail est la « visibilité » du format, avec notamment un projet de création d’espaces de noms IFLA reprenant la structure du format UNIMARC, et permettant de transposer ce vétéran de l’encodage dans le web de données.

Sur les adaptations de l’UNIMARC nécessaires pour exprimer pleinement le modèle IFLA-LRM, la France a été mandatée l’an dernier pour défricher la question. Et pour cause, c’est la France qui a préparé toutes les propositions d’évolution du format UNIMARC permettant d’exprimer la richesse du modèle FRBR, puis LRM, depuis 2010.

Un rapide tour de table à la fin de cette séance d’ouverture a d’ailleurs montré que pour l’instant, les projets de création de notices d’œuvres, d’expressions, ou de mise en place du catalogage par entités en général, ne sont pas légion. Les représentantes de la Croatie, de la Lituanie et de la Slovénie ont toutefois signalé des projets de cet ordre, ainsi que le collègue américain, représentant d’OCLC.

Le format UNIMARC au défi du modèle IFLA-LRM

Passer à une structuration LRM des données bibliographiques, c’est abandonner la notion de « ressource » comme principe d’organisation des catalogues. Cette notion a présidé à l’élaboration des cadres conceptuels et standards pré-FRBR : Principes de Paris en 1961, développement des formats MARC à partir de 1969, et de l’ISBD à partir de 1970.

Depuis la publication du modèle FRBR en 1998, et la révision des Principes de Paris en 2009, le passage à une logique de modélisation entités-relations a permis de renouveler l’analyse catalographique, c’est-à-dire la façon dont le catalogueur appréhende le document qu’il a sous les yeux. En séparant, dans la structuration des données produites, le contenu (l’œuvre et ses différentes versions : les expressions) du contenant (la publication ou manifestation, et l’item), on se rapproche, selon les rédacteurs des modèles FR… (FRBR, FRAD, FRSAD) et de LRM, de la logique d’analyse des usagers des catalogues, c’est-à-dire de toute personne cherchant en premier lieu un contenu dans une forme particulière, plus rarement un contenant.

ce qu'un catalogue pourrait poposer
Extrait du support de J.e-cours « Le modèle RFBR : principes généraux », 2013 accessible en ligne : http://moodle.abes.fr/course/view.php?id=56

 

Dans les catalogues construits selon la logique du modèle IFLA-LRM, les œuvres et expressions ne seront pas des ponts entre notices bibliographiques, comme le sont aujourd’hui les notices d’autorité Titre uniforme ou Auteur/Titre (Tu et Tq dans le Sudoc), et les notices de regroupement ou « pré-notices d’œuvres » (Tr) construites dans le cadre de l’expérimentation Sudoc-FRBR.

Elles constitueront au contraire le principal niveau d’analyse des ressources de la bibliothèque et seront probablement un des points d’entrée privilégiés dans les catalogues. Ce faisant, la distinction entre notices bibliographiques et notices d’autorité prendra une nouvelle signification. Seules les informations de niveau « manifestation » seront décrites dans le format UNIMARC B, tandis que les informations de niveau « œuvre », « expression », et bien sûr toutes les entités correspondant aux autorités actuelles (personnes, collectivités, concepts, lieux, temps…) seront décrites dans le format UNIMARC A.

Des grands principes validés

Il faut donc bousculer un peu notre bon vieux format… Créer de nouvelles zones dans le format A pour décrire toutes les caractéristiques des œuvres (catégorie, forme, historique, public visé…) et des expressions (alphabet, forme, distribution musicale, circonstances de captation…) ; rendre obsolètes certaines positions codées du format B en catalogage nativement LRM (bloc 1–) ; introduire de nouveaux référentiels issus de RDA, RDA-FR…

Sur ce principe général d’investissement du format A, les participants à la réunion annuelle du PUC n’ont pas formulé d’objection. Pour beaucoup, le plus important est que les nouveautés n’empêchent pas de continuer à utiliser le format UNIMARC pour du catalogage « classique ». Les zones dédiées au catalogage nativement LRM nécessitent donc d’être bien différenciées des autres, dont celles qui sont utilisables dans les deux contextes (ex : certaines zones de données codées du format A). Deux « filières » de catalogage cohérentes doivent pouvoir coexister.

Les membres du PUC se sont accordés sur les atouts du format UNIMARC pour exprimer, que ce soit nativement ou par transformation (après production de données dans la filière « classique »), la richesse du modèle LRM : une très bonne granularité, beaucoup de liens entre notices, un format autorités déjà largement utilisé, une habitude d’utilisation de référentiels codés permettant un véritable multilinguisme du format. En effet, quel que soit la norme de catalogage appliquée, des millions de notices dans le monde sont encodées dans ce format et des milliers de systèmes échangent ces notices. L’apport du modèle IFLA-LRM permet d’envisager une conversion progressive de ce patrimoine catalographique commun vers un formalisme beaucoup plus orienté vers le web de données.

Il reste cependant quelques montagnes à gravir avant de commencer des migrations de données… Le PUC aura à analyser, dans l’année qui vient, des questions structurelles que le modèle IFLA-LRM pose au format UNIMARC, parmi lesquelles :

  • Comment exprimer et décrire l’entité « nomen » ? (voir modèle LRM, entité LRM-E9 et paragraphe 5.4)
  • Que faire de la notion « d’identité bibliographique » ? (voir modèle LRM, paragraphe 5.5)

Les membres du PUC travailleront jusqu’à la prochaine réunion annuelle en petits groupes, entité par entité, pour vérifier la complétude et la cohérence du format après 8 années d’adaptation aux modèles FR… puis LRM, et pour analyser les questions de modélisation complexes.

À suivre …

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