Le Permanent UNIMARC Committee et LRM, la suite (9 au 14 septembre)

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Les échanges qui se sont déroulés sur 5 jours sont évoqués dans 2 billets distincts.

1.« PUC , Day 1 »
2. « Le Permanent UNIMARC Committee et LRM, la suite (9 au 14 septembre 2020) » (ce billet)

Après la séance d’ouverture de la réunion annuelle du Permanent UNIMARC Committee, les 4 journées suivantes ont été consacrées à l’examen des propositions d’évolution du format bibliographique et du format autorités. La France portait de nombreuses demandes, concernant principalement le format autorités. Il s’agissait de le compléter pour lui permettre d’exprimer l’ensemble des attributs des entités « Œuvre » et « Expression » prévues par le modèle IFLA-LRM.

Extrait du diaporama de F. Tfibel (BnF) présenté lors de la Journée « Systèmes & Données » le 15/11/2019

De RDA-FR à UNIMARC en passant par LRM

Initiée par les collègues du département des Métadonnées de la BnF, la comparaison entre les attributs des œuvres et expressions dans RDA-FR (voir RDA-FR, section 2) et l’état actuel du format UNIMARC a abouti à plusieurs constats :

  • la très grande majorité des attributs des œuvres et expressions a déjà une correspondance dans le format UNIMARC, tel qu’il est utilisé quotidiennement par les catalogueurs français (ex : le type de contenu en B181 ; l’alphabet du titre ou le public destinataire en B100 ; la distribution musicale en B146…)
  • cependant, dans la plupart des cas, ces attributs sont définis dans le format UNIMARC bibliographique, le format UNIMARC étant historiquement centré sur la notion de « ressource » bibliographique, dont cherchent à s’extraire les nouveaux standards (IFLA-LRM, RDA, RDA-FR)
  • quelques rares éléments ne peuvent s’exprimer actuellement dans le format UNIMARC international (ex : la note générale sur une expression ; la relation d’agrégation entre des expressions ; les relations d’inspiration et de dérivation entre des œuvres…)
  • dans certains cas, il est nécessaire d’utiliser de nouveaux référentiels issus de RDA ou RDA-FR pour décrire certains attributs (ex : public destinataire ; forme de la notation).

A l’automne 2019, sur la base de ces constats, toutes les demandes d’évolution du format international ont été préparées par le Comité français UNIMARC (CfU). Chaque demande d’évolution au PUC doit en effet être présentée et argumentée en référence à des besoins d’échange et/ou à des standards internationaux, comme par exemple l’évolution des normes ISO (ISBN, ISSN, ISNI, DOI…) ou l’évolution des standards bibliographiques internationaux.

Sauf que… notre réflexion est partie de RDA-FR, qui est un standard français. Certes, RDA-FR est dérivé du standard RDA, que l’on peut considérer comme international car adopté par de nombreux pays. Cependant, RDA reste issu des pratiques de catalogage anglo-saxonnes (« AACR2 ») et influencé par la structure du format MARC21. Pour que nos demandes passent, il a donc fallu présenter leur intérêt pour la communauté mondiale du signalement documentaire, et non uniquement pour les catalogues français.

Comment ? En raccrochant systématiquement nos demandes au modèle IFLA-LRM, malgré le degré d’abstraction que cela apporte. En effet, le modèle IFLA-LRM constitue un modèle de haut niveau, qui ne définit pas précisément les attributs des entités et ne donne que de grands types de relations entre entités. Si depuis plusieurs années, la référence au code international RDA (et, a fortiori, à RDA-FR) a été refusée par le PUC tout au long des réunions, c’est du fait que le format UNIMARC doit être utilisable quelles que soient les pratiques de catalogage du pays concerné. Il s’agissait donc d’un exercice intellectuel auquel la représentante française (Abes) a dû se livrer pour aboutir finalement à un résultat positif, puisque toutes nos demandes concernant les attributs et relations des œuvres et expressions ont été acceptées sur le principe, avec seulement quelques ajustements.

À l'entraînement
À l’entraînement (crédit image : Australian National Maritime Museum)

Une nouvelle génération d’UNIMARC

En raison des modifications souhaitées sur nos demandes, il faudra attendre encore quelques mois avant de connaître la « grille de catalogage » des œuvres et des expressions en UNIMARC : les « étiquettes » (ou numéros) de certaines nouvelles zones doivent être revues, ainsi que la structuration de certaines d’entre elles (nombre et intitulé des sous-zones, utilisation des indicateurs…). Ainsi, avant que l’ensemble ne soit publié sur le site de l’IFLA début 2021, le CfU doit revoir quelques copies et les transmettre au PUC pour finalisation. L’information sera relayée en France, à travers la communication du site Transition bibliographique et de l’Abes.

Les deux agences bibliographiques nationales, la BnF et l’Abes, se concerteront ensuite pour proposer une diffusion cohérente d’entités œuvres et expressions en UNIMARC. Si, coté BnF, des notices d’œuvres ont déjà été produites et pourraient sans doute être assez rapidement diffusées en UNIMARC, selon des modalités à définir, l’Abes n’a pas encore généré de véritables œuvres à partir des données du Sudoc. Ce chantier fait partie des suites logiques de l’expérimentation Sudoc-FRBR, la stratégie à ce sujet n’étant pas encore fixée.

Avec la création de nombreuses nouvelles zones dans le format autorités, on voit désormais se dessiner 2 « filières » différentes dans l’utilisation du format UNIMARC international :

  • un UNIMARC « classique », basé sur les notices bibliographiques liées à des notices d’autorité pour les Personnes, Collectivités, Sujets, mais également les Titres
  • un UNIMARC « nouvelle génération », avec des notices d’autorité «Oeuvre» (point d’accès autorisé en A/231 et 241) et « Expression » (point d’accès autorisé en A/232 et 242) bien plus riches et structurées que les actuelles autorités Titres, et devenues obligatoires pour décrire une ressource ; une utilisation réduite du format bibliographique, uniquement pour ce qui relève du niveau « Manifestation » (mentions de titre et de responsabilité, date et lieu de publication, production, diffusion, type de support, importance matérielle…), et du niveau «Item» (données d’exemplaire).

Il reste à éprouver les grilles de catalogage proposées pour les notices « nouvelle génération » et leur facilité d’utilisation aussi bien en catalogage courant, qu’en conversion depuis l’UNIMARC « classique » ou depuis d’autres formats (lors d’imports de données) et à l’échange. La présidente du PUC souhaite par exemple poursuivre l’analyse sur le bloc des données codées (A/1XX) afin de vérifier que les zones sont bien réparties dans le bloc en fonction des entités qu’elles permettent de décrire. Il faudra également s’assurer que tous les attributs et toutes les relations prévues par IFLA-LRM trouvent bien leur place dans le format « nouvelle génération ».

Côté Sudoc, des chantiers test et autres manipulations de données seront à prévoir prochainement pour prendre en main le nouveau format, imaginer les nouveaux processus de catalogage ou encore préparer la migration des notices bibliographiques vers les entités OEMI… avec, en ligne de mire, une large mutualisation des entités Oeuvre et Expression dans le Fichier national d’entités après 2023.

Une étape importante a été franchie : elle nous engage à aller jusqu’au bout du travail international de mise à jour du format UNIMARC, d’ici 2 à 3 ans. À noter que la nouvelle édition « officielle » du format autorités (la dernière date de 2009) ne pourra probablement pas être publiée par l’IFLA avant que le PUC ne soit certain d’avoir achevé l’adaptation du format à LRM et d’avoir produit toutes les consignes permettant l’utilisation du format UNIMARC dans le cadre de la nouvelle « filière » de catalogage par entités.

Notons enfin que le format MARC21 évolue également pour s’adapter au code de catalogage RDA, compatible avec LRM dans sa dernière version. La logique d’évolution est cependant très différente de celle de l’UNIMARC, puisque le MAC (MARC21 Advisory Committee) n’a pas souhaité investir le format autorités, traditionnellement peu utilisé en MARC21. Pour se rendre compte de la différence d’analyse, on peut consulter les supports de deux présentations réalisées lors de la journée d’études « IFLA Satellite Meeting : RDA in Europe » qui a eu lieu en visioconférence le 15 septembre 2020  :

à noter : un 3ème billet  fait le point sur les trois derniers jours de réunion (du 19 au 22 octobre). Consulter

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